GO.

Coucou mon frère.

Tu m’as furtivement évoqué que ça te touchait même si tu ne répondais pas. Je continue donc. Dans le meilleur des cas, ça t’apportera, au pire tu auras un peu de lecture demain  matin 😄


Humeur(s) du soir.
Je devais recevoir les copines jeudi dernier pr soirée meufs à la maison. Trop de douleurs et de fatigue, rdv ñmédecin le lendemain, verdict : gastrite dûe au stress de la séparation et de l’opération utérus.  J’en informe les filles, leur réponse en résumé « dors. », et, « souhaites tu qu’on reporte à lundi quand tu n’as pas Charlie pour que tu puisses profiter »? .

Ma réponse, évidemment..ok…
Quelles potes…. Celles-là même qui gardent Charlie la semaine pour que je puisse travailler et me polariser et viennent récupérer un siège auto à 9h du mat sur le lieu de ma journée scientifique, celles  qui m’attendent jusque 20h à la maison avec Charlie heureuse, sereine et apaisée. Celles qui me reçoivent tout le week-end et me forcent presque (sans y parvenir) à mettre les boules quies et ne pas me lever pour ce biberon du dimanche tant redouté.

Elles mais eux aussi. Doudi qui m’interdit de ne pas profiter d’une bûche soigneusement placée dans la cheminée. Doudi qui, Charlie dans les bras, pleure lui aussi en silence, en l’enlevant de mes bras ce putain de 25 février, jour de son 1 an, et qui, tendrement fait semblant de lui aussi gérer ce déchirement. « Aurevoir Maman, à mardi, a t il dit,.  Tonton est là, on va voir Papa pour passer une bonne journée. » Lui aussi, à ce moment là, faisait semblant que ça allait et les a vues mes larmes monter… Ils absorbent, réconfortent avec pudeur et humilité. Pour Charlie et moi, ils sont tout un monde de douceur et de sécurité.

Doudi part donc avec Charlie  et son sac, moi je fuis.  Je m’en vais me cacher et pleurer dans la douche, putain de douche d’Englos dans laquelle j’ai grandi depuis mes 15 ans. La maison d’enfance de Doudi dans laquelle nous avons tous vieilli, celle où Véronique, maman de Doudi, partie en septembre 2023, a vécu ses derniers jours, celle où nous nous reunissions quand Nico avait son cancer au lycée, elle où on s’est réuni quand Julien est parti. Les souvenirs me rattrapent partout entre ces murs et pas des moindres…

Mais, les amis sont là. Je pleure, je me lave et comme chaque matin depuis ce 29 foutu janvier, je décide (d’essayer) d’être heureuse. Au moins pour la minute qui suit.


Je me consacre aux enfants de mes amis, je leur dis que j’ai pleuré, j’exprime tout mais pas trop et je suis, une fois de plus, ébahie par leur parfaite lucidité et leur justesse.

Mes amis sont intelligents. Si perspicaces, matures et aimants. Je les observe, en ce moment, plus que toujours, je regarde leurs couples, je les vois parents. Ils sont incroyables. Je suis tellement heureuse et fières. Ils me nourrissent.

Et vous, mes parents,  mes 3 frères, je me régale de vous en ce moment.
J’avais déjà cette impression de sentir et de comprendre vos histoires d’amour, vos limites, vos mécanismes de l’ordre du banal, vos conflits enviables… je vous ai tant enviés… à juste titre.

Je souhaite à tous de ne pas vivre cette peine de cœur que je traverse; ce sentiment de vide qui rend tout ou presque insignifiant. A contrario, je souhaite à tous d’être si longuement illusionné, d’être le personnage principal d’un roman qui ne pouvait que mal se terminait, d’être romantique et aveuglée.

Depuis toute petite,  cette histoire,  je l’avais imaginée.

19 ans… c’est si long.

C’est dur de comprendre si tard que c’était perdu d’avance… et c’est encore plus dur de devoir arrêter d’aimer cette idée. C’est aussi pour ça que je souhaite à tous, et rares sommes nous (je crois), à vivre cette merveilleuse impasse. Ce trajet sans destination finale, ce raccourci interminable. J’étais persuadée que ça pouvait fonctionner, je le suis toujours, mais j’avais peut-être oublié qu’il fallait être deux à le penser. C’est donc ça aimer….

Crois moi mon frère, rien à envier. Ni d’avoir 34 ans, d’être seule, un week-end sur 2. Tout ça n’a aucun sens. Jamais je ne voudrais ça pour toi, et, s’il te plaît, ne m’envie pas. La liberté n’a rien de satisfaisant, elle est excitante mais pas durable. Elle est juste prétexte, elle est pour les faibles qui ont peur de décider.

Je vis un dilemne agaçant. Être sage et continuer ou prendre un gros tournant. On connaît déjà la fin et heureusement. C’est Charlie qui tient la plume du roman aujourd’hui.

Toi, c’est différent. Tu t’amuses en vivant mais d’écrire ou de te lancer, tu ne prends finalement plus le temps… logique…
Tu m’étonnes qu’on fasse ensemble une bonne équipe!

Tu n’as pas eu les postes pour lesquels tu postulais dernièrement et tu ne m’as pas appelée pour me dire que tu étais triste, vexé, déçu, peut-être soulagé ou inquiet… pourquoi?

Ton égo t’a peut-être chuchoté et dit de ne pas m’en parler. Ca devait bien l’arranger que j’aille mal et que je sois celle à préserver. Pourtant, tu te méprends et c’est de Maman que je tiens (évidemment) l’un des meilleurs conseils pour transformer l’essai dans ces moments: « Pose des questions et intéresse-toi aux autres gens ». Quand j’étais au plus mal il y a 6 ans elle m’a fait lui promettre de sourire au moins une fois par jour à quelqu’un, et m’a expliquée que c’est l’autre qui m’apporterait.

Depuis, je l’applique et c’est incontestable, ça fonctionne. Alors, mon frère, quand vas tu venir le chercher mon sourire? Les émotions tu en fais et en feras toujours ton affaire, mais c’est parfois agréable de les laisser déborder et de les partager. La vulnérabilité! Je la savoure abusivement. Grâce à toi, en partie. Je n’ai croisé la tienne qu’une ou deux fois. C’est trop peu pour la petite sœur que je suis depuis 34 années.

Projette, envisage, date, budgétise, râle, pleure, moque, plains toi, présente moi tes failles et peurs, c’est si agréable de le faire auprès de ceux qui nous aiment. Arrêtons de faire semblant et de nous contenir, on le sait tous les deux, tu as raison, tu as cette longueur d’avance, cette perspicacité et sensibilité frustrante qui isole et dans laquelle on se conforte. Cest valable pour Gabriel, toi et moi. C’est tellement chiant de comprendre sans en être compris, de s’adapter à sens unique, de vouloir plaire à ceux à qui on plaît déjà. A force d’avoir raison, on a finalement tort.


Bordel, toi aussi, par pitié, vas voir un psy. Tu vas adorer 🙂


A toi de (te laisser) jouer!

Ps : tu m’as tout appris. Ton équation avec Élise et tes enfants fonctionne. Tu es le souffleur de ma pièce de théâtre et de celles  de tous ceux que tu aimes. Tu es celui qui donne la réplique et bien mieux que ça, tu es un acteur hors pair. L’un de mes acteurs préférés avec Justine. Ceux dont la fiction dépasse la réalité. Je sais ta frustration, mieux que quiconque. Il serait maintenant temps de la partager et d’en profiter. Pour toi.

Tu es fait pour solutionner, comprendre et soulager. Ne te méprends pas et laisse les moisir tous ces bons vieux rats dans leurs race! Laisse cette Charente et son désert d’emploi tranquilles.
Tic tac, le temps passe et les prétextes sont comptés.

Bip, bip, compteur épuisé!

Si j’étais toi, que me dirais tu? Et, finalement, en y réfléchissant, quand vais je te le mettre ce putain de taquet?


Ça approche.  Tiens-toi prêt.


Arrête d’aimer douter, ça commence vraiment à être limité, c’est, pour ma part, mon objectif premier.. Aime toi et fais.

Puisque tu aimes les missions, les objectifs et tous ces trucs de planqués, c’est parti. Je le répète, tu m’as tout appris, notamment à négocier les délais. Tu as réussi et maintenant c’est moi qui te mets au défi.

1) M’envoyer pour le 7 mars une citation littéraire de ton choix pour Maman de ta part pour son anniversaire.


2) Pour le 28 julllet, M’envoyer un son écoutable en format mp4 sans texte juste chill pour .mes 35 ans.


3) Pour le 20 avril un dessin de ouf technique pr les 36 ans de Justine, format paysage, jveux. du lourd. 21×29’7, posté le 10 avril pr elle chez moi . Je moccuperai de l’encadrement mega stylé. Thème #marguerite #boite #souvenirs/trace/empreintes/ #boîte #Justine charlotte.

5 mai) Idem.pr Juliette, anniversaire 35 ans. Je veux recevoir.le dessin pr le 30 avril également.  Qqch de bien plus guilaujulietesque 
Format triptyques,  3x A6. Je me charge de l’encadrement.
Idée theme  » Guillaume  » « Juliette  » « flippo fait enfin flipper » « vie » « mort » « . Ombre et lumière.

Septembre 2024)
Enfin, pour ta nièce, l’histoire d’amour de Tonton Crème Fraîche et Tata Pagan mis par ecrit, en qq pages. Les trucs en mimolette, les saisons, les Landes, le machu picchu, Poitiers, Gaspard, Manon…  format numérique ou papier, qq pages ,avec ou sans illustration, pour septembre 2024.

Moi, si j’étais toi, je me régalerais.

Je t’aime et je te sais.


❤️

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